Soutien et étonnement.

J’ai reçu mercredi dernier le mail suivant par le biais du formulaire de contact.
Je ne vous le cacherais pas le rédacteur de ce mail est un ami et j’espère qu’il ne m’en voudra pas que je lui réponde publiquement. À mon avis,  il a choisi le mail plutôt que le commentaire pour ne pas me mettre dans l’embarras et je l’en remercie. Seulement, ses questions sont pertinentes et je suis certain qu’il n’est pas le seul à se les poser.

Sujet : Soutien et étonnement

Bonjour,

Quelques questionnements se posent à moi quant à votre acte citoyen louable

Hormis la beauté du geste … comment expliquez-vous qu’un résidant en Hongrie fasse acte de candidature sur une circonscription différente, à savoir la Suisse et le Liechtenstein ?

Ce serait un peu comme si le Maire ou le Député d’un coin paumé de France se présentait à l’élection en qualité de futur représentant du peuple sur une commune ou une circonscription  où il ne présente pas de légitimité à priori …

Je suis d’accord, c’est le principe même du parachutage.
Cependant, parachuter un Haut-Savoyard en Suisse, c’est plus un retour à la maison qu’autre chose. Après réflexion, hormis la Hongrie qui est loin d’être une circonscription à elle toute seule,  je me sens plus à l’aise par rapport à la Suisse qu’avec tout autre pays (Pologne, Bulgarie par exemple) que j’aurais dû représenter si j’avais choisi la 7ieme dans laquelle j’habite. Notamment parce que les médias suisses sont ma première source d’information francophone depuis fort longtemps (merci Internet et les radios en ligne), ensuite parce qu’une bonne partie de mes amis y travaillent et/ou y vivent.

En outre, en votre qualité de candidat aux élections législatives sur une circonscription de Français à l’étranger, votre programme présente bien peu de questions/solutions relatives à la place (civile, civique, politique, économique, …) du citoyen Français émigré dans son propre pays et/ou dans son pays d’accueil …. et en revanche votre programme est plutôt orienté vers le numérique (DRM, streaming, …) et l’internet (accès, régulation, usage, …)

Aussi, quelle est votre position sur le débat européen actuel, lié au changement de majorité présidentielle suite aux élections d’Avril 2012 ?

En premier lieu, les députés sont des élus de la nation qui représentent la nation tout entière, pas seulement les Français de l’étranger. Donc les mesures nationales sont prioritaires par rapport aux mesures ne concernant que nous, expatriés. Cela ne veut pas dire que je n’en ai pas ni que je nous oublie. Seulement, je nous vois comme des citoyens comme les autres, nous sommes simplement un peu difficiles d’accès. Finalement toutes les mesures générales nous concernent directement.
Certes il y a par exemple le faux problème de la fiscalité des expatriés, la réponse est simple et déjà effective: la double imposition n’est pas possible en Europe. Si nous voulons que ceux qui sont riches payent des impôts en France, il va falloir faire en sorte qu’ils choisissent de vivre en France et n’aient pas l’impression de payer des impôts pour rien. Je tiens à rappeler que l’on peut choisir là où nous vivons mais que, même riche, il est difficilement possible de choisir sa nationalité (Johnny a pourtant bien essayé d’être Belge puis Suisse). Résolvons les problèmes pour les Français, nous résoudrons automatiquement les problèmes des Français à l’étranger.

Ensuite, le parti pirate étant un parti démocratique et jeune, nous n’avons pas encore pu avoir un consensus sur tous les thèmes. Il faut se rappeler qu’à la base le Parti Pirate est l’expression d’un manque de protection des droits des individus, notamment sur Internet. Avec le temps, nous nous sommes intéressés aux autres problèmes, mais les avis divergent et le consensus met plus de temps à émerger, or les positions officielles ne sont votés que lors d’une assemblée générale annuelle.
J’invite à aller voir les  mesures en attente de validation par l’assemblée générale .

Quant au “débat européen actuel, lié au changement de majorité présidentielle suite aux élections d’Avril 2012”, mes positions personnelles sont :
– la sauvegarde de l’Euro, (essentiel pour l’économie européenne, les monnaies locales sont une plaie)
– l’arrêt de mesures basées sur une hypothétique croissance, sur ce point je me rapproche beaucoup des idées décroissantes.
– le début d’un fédéralisme à la Suisse, c’est a dire que tous les pays membres ont le même poids ou au moins des poids mieux répartis dans les assemblées, plutôt que ce soient l’Allemagne et la France qui décident tout.
changer de mentalité: un acheteur professionnel me racontait sa premiere embauche dans une société suisse; après qu’il ait trouvé le meilleur rapport qualité/prix pour un produit, le directeur est venu le voir en lui disant que ce n’était pas comme ça qu’il fallait faire : il fallait d’abord regarder si une entreprise de la ville fabriquait le produit. Si ce n’était pas le cas, il fallait agrandir progressivement le cercle: canton, Suisse, Europe, Monde. Il a donc dû abandonner son produit chinois pour en trouver un plus local. Et cela n’est pas en contradiction avec une monnaie unique.

Globalement, je n’ai pas la solution absolue. Contrairement à ce que disent démagogiquement les formations politiques historiques, il n’y a pas de solution miracle instantanée. La seule solution est de se prendre en main, se poser les bonnes questions sans préjugés ni axiomes rétrogrades et agir. L’Islande est la preuve que les redémarrages économiques sont possibles. Par contre, il ne faut pas me faire écrire ce que je n’ai pas écrit: l’Islande est bien un exemple de prise en main de la population par elle-même mais est bien sûr loin d’être un pays idyllique.

Enfin, plutôt que de déplorer que l’existence citoyenne ne soit reconnue qu’au travers du vote, quelle est la position de votre parti dit «progressiste» par rapport à une éventuelle évolution démocratique de la Ve République (à Papy …) vers une VIe République (1ère numérique …) ?

Nous voulons l’avènement d’une démocratie dite liquide. Notre organisation est entièrement basée dessus et nos décisions ne sont prises que de cette façon. La république doit être au service des citoyens et non le contraire.
A titre personnel, j’envisage fortement une VIe République avec à sa tête un conseil plutôt qu’un homme seul. Je voudrais que nous nous débarrassions de ces joutes pour le pouvoir axées sur les individus et que nous passions aux idées.
Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs, avant de changer de République et donc de constitution, essayons de faire au mieux avec ce que l’on a.

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